Ma vision de l'équitation depuis que j'ai mon propre cheval...

Avoir son cheval, devenir propriétaire / gardien maman / papa, est une étape dans la vie d'un cavalier. Depuis que Django est rentré dans ma vie, ma vision du cheval et de l'équitation à totalement changé en 6 mois...

Je ne vais pas vous refaire l'histoire, mais j'ai pratiqué et découvert l'équitation dans différents clubs Parisiens où le bien-être du cheval n'est en aucun cas une priorité, où ils sont utilisés pour du business & où malheureusement j'ai participé à tout ça en m'inscrivant à l'année dans des cours collectifs...


J'ai fait beaucoup d'erreurs, je ne me suis pas assez posé de questions & il m'a fallu avoir mon propre cheval pour me demander ce qui était bon pour lui. Aujourd'hui je vais vous parler de mes erreurs, de ce que j'aurais aimé comprendre plus tôt & surtout de comment je vois le monde du cheval.



Le travail à pied (TAP), c'est pour les peureux !

« Mais vous croyez que je paye pour marcher à côté du cheval ? Quoi on ne galope pas aujourd'hui ? Moi aussi je veux un filet avec un noseband et une moumoute de couleur assorti à mon tapis ! On part en balade, au pas ? » ça c'était moi il y a 10 ans, lorsque j'ai découvert l'équitation en cours collectif dans ce magnifique centre équestre au bois de Vincennes... Là où aucun cheval de compétition ne voulait monter dans la camion de transport & que ça en devenait l'attraction de la journée (à base de rires & de coups de cravache), là où les filles t'incluaient dans leur groupe que si tu avais le dernier matériel à la mode (« baaaah la meuf elle a que du Fouganza dans ses affaires ! »), là où tous les jours il y avait des dizaines de chutes, des ruades, des coups de culs, des embarquades. Bref, vous voyez de quel genre de clubs je parle.


Oui parce que faire du TAP c'est pour les peureux, pour les personnes qui on peur de monter sur pompon, les chochottes quoi, tu comprends...


Le TAP je l'ai découvert en déménageant dans le Sud, en arrivant aux écuries des Z'arts, le jour où on m'a passé un cheval au débourrage au bout d'une longe & on m'a dit « Vas-y » : « Euh vas-y ?! C'est-à-dire, je dois faire quoi ? Uuuh Canabis galope ! ». Encore à cette époque, payer un cours pour faire du travail à pied ou de la « voltige » me semblait inutile & j'avais l'impression de perdre mon temps et mon argent, moi je voulais monter à cheval comme on m'a toujours appris !


Puis j'ai eu Farandole, ma première demi-pension, j'ai découvert le TAP avec elle et apprécié ça, sans pour autant comprendre forcément l'utilité. Je lisais, m'instruisais : « Okay c'est bon pour la relation, bon pour décomposer les choses avant le travail monté & c'est rigolo... abracadabra Farandole couché ! Ah bah non ça marche pas comme les chiens... zut ! ».

En peu de temps j'ai vraiment compris le truc, j'ai eu un déclic et nous avons eu une progression à pied incroyable. Au point où je m'amusais plus à pied que monté, ce qui était totalement improbable pour moi il y a quelques années en arrière !


Mais depuis que j'ai Django pour moi le TAP est une révélation... Etant une étape obligatoire lorsque l'on achète un cheval non débourré, j'ai dû absolument tout apprendre à Django : le respect, les directions, l'immobilité, la désensibilisation au stick et autre, faire déplacer son cheval par pression, par intention & par aspiration, etc.

C'est ce qui a créé le lien si intense que j'ai avec mon cheval. C'est ce qui me permet aujourd'hui de courir avec lui dans un pré. C'est notre confiance mutuelle que nous avons instaurée sur des bases saines. Des bases qui nous permettent ensuite de pouvoir, une fois sur son dos, progresser car oui, tout s'apprend d'abord à pied, absolument tout, il n'y a qu'une chose à retenir : c'est la base ! Beaucoup trop de cavaliers ayant des soucis à cheval s'obstinent à faire des séances montées répétitives, à essayer de faire comprendre au cheval ce qu'ils attendent de lui, en braquant leur animal au passage. Alors qu'il suffirait de descendre le pied de l'étriller, de travailler à pied pour tout arranger. Pour moi les cavaliers ne descendent pas assez de leur chevaux...

Car oui aujourd'hui tous les problèmes viennent de nous : c'est nous qui essayons de communiquer avec notre cheval, de lui imposer (plus ou moins fort) ce qu'on attend de lui. S'il ne comprend pas ce n'est pas parce qu'il est bête, dominant ou têtu, mais parce qu'on ne lui explique pas correctement les choses, qu'on ne communique pas bien avec lui.

J'ai compris aujourd'hui que le cheval est un animal si gentil, si dévoué... avec tout ce qu'on leur fait subir, et ce depuis des années, ils pourraient tellement nous dire « Merde, tu dégages de là, aller hop 500 kg dans ta gueule on va voir si tu rigoles toujours avec ta cravache ». J'ai compris aussi qu'ils pardonnent beaucoup et facilement, ce que moi en tant qu'humain je serais incapable de faire (team scorpion rancunière tu connais ?!), alors rien que pour ça je suis admirative, car je ne pourrais pas encaisser 1/4 de ce qu'ils subissent...


Bref, aujourd'hui pour moi le travail à pied (et la liberté) est ce que je préfère avec Django et c'est ce que nous faisons en grande majorité du temps. J'aimerais nous mettre sérieusement à l'Equifeel qui, je trouve, est une discipline bien trop sous-côtée par notre fédération.

Je vois déjà les filles de mes anciens clubs dire « Pfff regarde là celle-la, à faire des jeux avec son poney, c'est ridicule, elle a pas le niveau pour le monter c'est pour ça qu'elle fait mumuse avec des plots de toute façon ! ».


Les enrênements c'est trop beau !

« Bah moi je monte pompon aujourd'hui, je lui ai mis son gogue. Tu as vu comment je sais bien utiliser les enrênements ? ». À l'époque où je montais dans ce fameux club parisien (et dans d'autres d'ailleurs, c'était partout pareil), avoir un cheval suréquipé c'était trop stylé, ça faisait « pro ». Plus il y avait de merdes dessus, plus ton niveau d'équitation est élevé : guêtre, protège boulet, gogue, amortisseur, tapis, bonnet, etc...

En vous écrivant ces lignes je suis morte de rire, c'est si ridicule bordel, mais pourtant ça se passait vraiment comme ça ^^'


Aujourd'hui pour moi ce qui est beau c'est un cheval sans rien, nature comme peinture, qui sait se mettre en place sans enrênement, sans embouchure. Et je dirais même que pour moi un cheval beau est un cheval avec le bout du nez au sol & pas un cheval encapuchonné prêt à faire une galipette au sol tellement il est rond !


J'ai fait le choix de ne pas utiliser d'enrênement avec Django, pour la simple & bonne raison que je ne suis pas pressée et que je suis convaincue que tout peut être fait sans ! Je trouve que le chemin est plus beau quand on laisse réfléchir notre cheval par lui même, quand on arrive à obtenir des choses sans les contraindre...

Je vous prends l'exemple de Django qui avait toujours la gueule en l'air (je ne parle pas forcément monté, même au TAP). On a fait je ne sais combien de séances en longe pour essayer de lui faire comprendre « mon coco, pour ton confort il faut étirer ta ligne du dos, pour ça tu peux trotter dans une toute petite foulée, bout du nez au sol, sans t'effondrer sur les épaules & tu verras ça sera troooop confortable pour toi ». Alors oui pour faire plus vite on aurait pu utiliser des enrênements, mais aurait-il compris uniquement par la contrainte des enrênements (qui l'aurait forcé à baisser la tête) et l'aurait-il vraiment assimilé ? Je suis pas totalement convaincue. Je sais qu'aujourd'hui j'ai un cheval qui, dès qu'il trotte, en TAP, longues rênes, monté ou autre, va descendre son bout du nez pour se soulager (d'ailleurs je l'entend souvent faire des petits bruits de décontraction ahah). Même si le chemin a été plus long, aujourd'hui c'est vraiment bien assimilé et compris pour lui (et sans contrainte !).

Je ne suis absolument pas contre les enrênements, de toute façon vous savez bien que je ne suis pas une « extrémiste », pour moi il y a du bon & du mauvais dans tout ! Par contre ce que je déplore c'est tous ces chevaux montés H24 en gogue fixe, même pour sauter, quelle tristesse... Ah oui, et avez-vous déjà essayé de monter votre cheval sans muserolle ? Essayez et faites-vous votre propre avis sur ce petit bout de cuir...


Le mors c'est la base de tout !

« Si tu veux contrôler pompon il faut un mors, sans ça tu n'arriveras à rien. », voilà ce que l'on m'a appris & ce que j'ai cru de trop nombreuses années... Monter avec un mors est devenu une banalité, on ne se pose plus de question, on en met un et basta. Et alors si pompon a le malheur de se débattre un peu on va lui mettre un truc encore plus dur, un truc qui fait encore plus mal dans la bouche, et beh oui, faut montrer qui est le chef !


Une fois de plus, n'étant pas « extrémiste » je ne suis pas totalement contre le mors (du moins certains mors... coucou les mors Pessoa, Pelham, Goyo Aga !). À vrai dire, pour être totalement transparente, lorsque j'ai acheté Django je ne me suis pas posée la question : il aura un mors après le débourrage, point barre.


Le débourrage de Django a été fait au licol à noeud, comme je vous l'ai raconté juste ici. Plus le débourrage avançait moins j'avais envie de lui mettre un mors, car j'avais un jeune cheval très à l'écoute, très doux (le débourrage a vraiment été une formalité, c'était extra).

Puis sont venues nos premières séances montées, toujours en licol, notre première balade en extérieur (en licol) et tout se passait super bien... « Okay donc pourquoi devrais-je mettre un mors là ? ». On a continué à travailler sans mors mais j'avais essayé de lui mettre un mors aiguille de temps en temps à l'attache, pour l'habituer à ça, car comme je vous le répète, je suis ni contre / ni pour toutes les méthodes. Jusqu'au jour où Django s'est totalement braqué sur le licol à nœud et on est passé sur ce fameux mors aiguille.

Je le vivais comme un échec, j'étais déçue de moi, déçue d'abandonner la monte sans mors car au fond de moi je ne voulais pas ça pour me cheval... Alors j'ai retenté le coup du licol à nœud, j'alternais entre les deux (en fonction de si j'avais besoin de prendre du contact, car oui on ne prend pas de contact sur un licol à nœud, qui peut-être très douloureux pour le cheval) & puis je me suis beaucoup renseignée sur les ennasures. Quèsaco ? Embouchure = qui passe par la bouche du cheval (mors, etc.) / Ennasure = qui passe par le nez du cheval (licol, etc.).


J'ai découvert le sidepull qui, selon moi, est la meilleure alternative en ennasure se rapprochant le plus de la monte en mors et surtout étant la plus douce pour le cheval. Il y a plein d'ennasures différentes, comme la hackamore qui devient de plus en plus à la mode. Je vous avoue que pour l'instant j'ai un avis plutôt négatif dessus, mais une fois de plus ce n'est qu'un ressenti. Je pense surtout qu'il ne faut pas le mettre dans la main de n'importe qui, en tout cas moi je ne me sens pas capable d'utiliser ça correctement.

J'ai d'ailleurs rédigé il y a peu un article sur les différentes ennasures : " Monter sans mors, à la découverte du sidepull ".


Bref, le sidepull a été pour moi une découverte, une révolution et aujourd'hui je monte majoritairement Django en sidepull, car oui il m'arrive d'utiliser le mors de temps en temps (mors olive, double brisure, canon large) pour débloquer certaines choses. À terme, dans mes rêves les plus fous, je me vois partout avec Django en cordelette...

Et pour finir ce chapitre sur le mors, je ne peux que vous recommander cette vidéo d'Ânes Victoires qui traite le sujet...


Les fers ? Mais les chevaux naissent avec voyons !

« Quoi, tu veux garder ton cheval pied nu ? Tu crois que je ne l'aurais pas fait moi si c'était possible ?! Tu n'y arriveras jamais ! Il se cassera tout le temps la gueule & en plus tu ne pourras pas faire de balade car il aura trop mal au pied ! ».


Sujet qui me tient à cœur AHAH Car pour le coup sur ça je suis plutôt « extrémiste » AHAH

Aujourd'hui ferrer son cheval est quelque chose de banal, je dirais même est un automatisme. Au mieux votre cheval n'est ferré que des antérieurs, au pire des 4 pieds.


Mais alors pourquoi fers-t-on les chevaux ? Ça remonte à notre vieille époque, lorsque les chevaux étaient utilisés comme des machines, comme un outil & devaient être disponibles H24 et durant de longues heures (pour les champs, la guerre, etc.). Sauf que depuis nos chevaux ne sont plus utilisés ainsi, allez généralement on les monte une fois par jour, mais est-ce que 1h par jour mérite d'avoir un bout de fer sous le pied ?


Idem, lors des mes années cavalières je ne me suis jamais posé la question, c'était quelque chose de normal, quelque chose que notre belle fédération nous met dans nos livres pour passer les galops (sans nous expliquer pourquoi & comment, limite comme-ci un poulain naissait avec un bout de fer sous le sabot). D'ailleurs avec Farandole, ma demi-pension, je lui avais mis des fers aux antérieurs car on m'avait dit « si elle a mal en balade faut mettre des fers, sinon tu pourras plus faire de balade ».

Même si lorsque j'avais Farandole je commençais à me poser des questions (notamment sur le TAP), je ne poussais pas du tout la réflexion comme je peux le faire avec Django, car ce n'était pas la mienne, alors je me sentais moins impactée (ce qui est totalement ridicule & j'ai un peu honte de vous écrire ça d'ailleurs...).

Pour moi le déclique a été cette vidéo, encore d'Ânes Victoires , que je vous invite fortement à visionner si le sujet vous intéresse !


Ce que j'ai compris aujourd'hui de l'impact du ferrage sur la santé de nos chevaux me fait avoir un avis très tranchant sur ce sujet & pour rien au monde Django ne verra un fer sous ses sabots durant sa vie ! Mais pourquoi ? Parce que ... :

  • le fer réduit l'espérance de vie du cheval (bordel de crotte, ça ne suffit pas pour vous remettre en question ?!) car le pied ferré ne peut pas faire pas son action de pompe pour renvoyer le sang au cœur & donc celui-ci travaille 2 fois plus, pas besoin de vous faire un schéma pour comprendre qu'il se fatiguera 2 fois plus vite...

  • le fer anesthésie le pied du cheval (donc si tu demandes à ton cheval de sauter 1m40 il le fera car il n'a plus conscience de ses limites, un pied nu te dira « mon coco, je peux pas là, tu vas tuer mes tendons »).

  • le fer change la locomotion du cheval (et entraîne donc des compensations ailleurs sur son corps).

  • le fer rend aveugle (et beh oui hein, du coup il ne sait pas sur quoi il pose son pied).


« Oui mais tu comprends il a été ferré toute sa vie, dès que je lui retire il marche sur des œufs... », oui bah c'est ce que l'on appelle la transition ma belle, maintenant si tu n'es pas apte à passer par cette étape pour le bien-être de ton cheval, je ne peux rien pour toi...


Passer d'un cheval ferré et pied nu n'est pas un long fleuve tranquille & ça j'en ai totalement conscience. Mais armez-vous de patience (oui, tu ne pourras peut-être pas monter pompon quelques temps, profitez-en pour faire du TAP, tu verras c'est génial !) et surtout faites-vous accompagner par un podologue équin / un pareur naturel, et votre cheval vous remerciera plus tard... Bien entendu qu'il y a des exceptions & des chevaux qui ne pourront jamais être pied nu, mais je pense que ça ne reste qu'une minorité.


Ayant eu Django à 3 ans, il n'a jamais connu de fer, la transition a donc été bien plus simple pour moi, et oui je parle de transition car il est passé d'un parage de maréchal-ferrant à un parage pied nu qui est beaucoup plus court et donc peu générer des sensibilités. Aujourd'hui il passe partout, nous avons déjà fait 15km de balade sans souci, à un parage naturel toutes les 6 semaines (très important de le faire régulièrement car c'est la fourchette & la sole qui doivent être en contact avec le sol et non la paroi du sabot !) et grâce à ça je connais ses limites et surtout lui connait les siennes.


Le quoi ? Le bien-être du cheval ! Mais il est super heureux pompon avec son beau tapis rose !

« Le box c'est mieux pour eux : ils ne se blessent pas, ne se salissent pas & dorment couverts. »

« Pompon est devenu froid aux jambes, mets des éperons. »

« Non mais tu dois absolument complémenter ton cheval avec des céréales. »

« Fâches-toi, montre lui qui est le chef et qui domine ! »


Attention je ne vis pas dans un monde de bisounours, bien sûr que j'ai appris à Django à respecter ma bulle, pour ma sécurité, bien sûr que je suis ferme avec lui, mais comme je le suis avec tous mes animaux. Pour moi il y a une différence entre être ferme & être dur : « une main de fer dans un gant de velours ».


Franchement le monde du cheval, de l'équitation c'est vraiment un monde pourri, désolée d'être si crue et directe, mais on a tellement tellement de choses à changer... Et moi la première ! Il y a tellement de méthodes, tellement d'avis qu'on ne sait plus où donner de la tête. Dans ma vie de tous les jours j'ai décidé de ne pas être extrémiste (okay hormis pour les fers AHAH), de ne pas avoir d'avis tranchés, d'être à l'écoute de tous mais de me faire mes propres expériences et d'en déduire mon propre avis.

Alors oui peut-être que dans un an je vous ferai un article « Ma vision a encore changé », je me contredirai et je regretterai sûrement des choses que j'ai pu faire avec Django, mais c'est ce qu'on appelle la remise en question & personne ne peut être parfait...


Je suis triste de voir des personnes en incendier d'autres car par exemple leur cheval est en box H24, mais est-ce vraiment la bonne façon de faire comprendre les choses pour que notre monde devienne meilleur ?


Bref, vous l'aurez compris, j'ai honte de la cavalière que j'ai pu être dans le passé, honte d'avoir suivi ce que l'on m'apprenais bêtement & honte d'avoir attendu d'avoir mon propre cheval pour vraiment m'intéresser à son bien-être. J'espère que ce monde de l'équitation va changer, que nous allons rattraper notre retard, que le bien-être du cheval deviendra ce qu'il y a de plus important aux yeux de leur propriétaire / gardien / maman / papa...



Léchouilles à vos loulous ♡


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